Ah, les beaux jours !

Ah, les beaux jours !
Ils arrivent. Ils sont là.
Quelques indices le prouvent...

La chemisette qui colle aux poils du torse après quelques minutes de déambulation pédestre hors de portée d'un air conditionné.

Les personnes croisées dans les ascenseurs qui vous fixent avec un air plein de douleur, en s'éventant la joue d'une main, le front brillant de sueur, cherchant un signe de compassion dans votre regard alors qu'elles répètent à envi qu'il fait très chaud. Attend voir août, qu'on rigole, ma vieille, t'a pas fini de gémir !

Quand ça transpire, Beyrouth respire. Les rues de la ville sont plus vides que d'accoutumée le samedi. Les Libanais, tous sexes confondus, vont coloniser les plages mises sous la coupe des boutiquiers du poisson-frites-soda-parassol. Les tenues légères, la peau dorée et épilée des femelles vous font douter de l'inexistence de Dieu et de l'inutilité de l'espèce humaine. Côté mâles à fourrure, il y a les clones d'Eddy Barclay en pantalons blancs, chemises translucides et mocassins sans chaussettes qui font leur retour en nombre. Gourmette en or en option.

Tout cela sent l'été à plein nez.

Mais, surtout, le signe indiscutable de ce changement de régime saisonnier est la multiplication des mariages et l'inflation des soirées à thème.
Toute la BSL s'y colle.
C'est donc une saison propice à l'observation l'OB dans son milieu naturel qui vient de commencer.

Hier, à un mariage à côté de la grotte aux pigeons, on l'a vu dans toute magnificence, entouré de créatures de rêve, exécuter quelques pas de jerk sur un très vieux tube des Rita Mitsouko (ça vous donne une idée de l'âge moyen de l'assemblée - le calcul est facile : ils avaient 15-18 ans quand "C'est comme ça, la-la-la-la-la" passait 32 fois par jour sur Europe 1 et Radio Monte-Carlo).

Aujourd'hui, à une soirée blanche sur un des toits de la ville, l'OB voltigera gracieusement entre des Eddy Barclay à cigare et des J-Lo en pleine floraison, son sourire de tueur entre les dents, toujours chavirant d'enthousiasme. Va savoir pourquoi.

Demain, peut-être optera-t-il pour une soirée sous-terre dans un club défraîchi de Hamra rempli de jeunes gens très frais et encore vierge. Mais pas complètement vierge non plus. Et pas si frais que ça, tout compte fait. Faut pas exagérer.

Bref, quand il s'agit de mondanité, l'OB ne se cache pas. Le bougre !
On pourrait mal le prendre, nous, pauvre foule hagarde navigant sans but et sans espoir entre les pages du grand livre des visages souriants à longueur de jours de travail et de soirées à rien foutre. Notez, je l'ai vu hier soir, vers la grotte aux pigeons. Il m'a reconnu, moi, son plus grand fan de la Terre, errant comme comme un plombier kossovar au milieu des patriciens levantins.
Un vrai moment de bonheur...
Lui, l'Obissime, mon Cèdre à moi, l'Oronte de la pensée, l'Adonis de l'amour, le Litani du pain et du vin, la montagne du miel et de l'encens, s'est approché de moi. Puis il m'a souri.
[...]
Sa présence extrêmement virile et martiale n'a pas manqué de faire monter la tension chez les nombreuses femelles alentours qui se sont adonnées tout naturellement au ballet pré-nuptial afin d'essayer de prendre la place de l'élue de son cœur. En vain, surtout que cette dernière, en guise de contre-offensive, s'est lancée dans la danse du pôle, mimant à merveille la geste de l'accouplement avec le fourchu. Décidément, ces deux-là, quand ils sont dans leur cachette, ne doivent pas faire que de se cacher...
Il paraît que les soirs de pleine lune, on les entend jusqu'à la villa du Général. Non, pas à Amchit. Non, pas à Babbdate. Si, si, à Rabieh.

L'amour est toujours vainqueur. C'est comme ça, la la la la...

Commentaires

Articles les plus consultés