L'OB achève sa mutation

Quelques chapitres encore sur l'énigmatique OB.
Un mois après la petite échauffourée, il n'est toujours pas réapparu sur FaceBook.
Finallement, parler du Liban, ça risque d'être plus drôle.

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17/06/2008
Contrairement à Patrick Juvet, Annie Cordy et Chantal Goya, l'OB semble, un mois et demi après sa retraite hors du grand livre des visages souriants, ne plus vouloir revenir sur les devants de la scène.
Cette triste nouvelle tombe sur nos cœurs comme les larmes sur mon pantalon quand je regarde un épisode de Grey Anatomy (putain, elle vient cette saison 4 en DVD ?!?!)
En effet, malgré quelques vagues promesses faites à ses fans, l'Obissime n'est pas du genre à réchauffer la vieille soupe froide au fond de la marmite avec des morceaux désechés qui collent sur le rebord.

Il est devenu un autre homme. Nouveau.

Vous l'avez connu dansant sur une table chez Castel ou au Boy, un verre de Black Label à la main ?
C'est fini !

Vous l'avez lu dans une de ses truculentes chroniques de l'Orient-Express, saisissant sur le vif les trurbulences d'un Liban gueule de bois après une soirée à Taëf ?
C'est fini !

Vous l'avez croisé près de la neuvième colonne du temple de Babylone, rue du Wahab, le verbe haut et scintillant, la salive en émoi et la pupille dilatée, en train de tchatcher le quidam émeché, entre un bout de bar réservé aux platines et un lobby de water devenu salon de psychothérapie collective, frontroom, boudoir à repoudrage et, accessoirement, lieux d'attente avant de pouvoir aller pisser un coup ?
C'est fini !

Vous l'avez salué au café Rawda, entre un coucher de soleil et un lever de choppe, pendant qu'il expliquait à quelques journalistes et jeunes chercheurs les réalités profondes de la vie nocturne libanaise et la légèrté de vivre à l'ère prozaquienne de l'assado-haririssme ?
C'est fini !

Vous l'avez apperçu vers Hamra, en plein brainstorm cafféïné, éluder les nouvelles tendances éditoriales du Content Management, tripoter la logique du web et du code HTML, coacher une bande dépenaillée de miliciens de la plume pour mieux rentrer dans la cyb-ère ?
C'est fini !

Vous avez agité avec lui en 2005 un grand drapeau rouge et blanc, parfois frappé un petit cèdre (mais moins cèdre que l'OB !) en criant haut et fort sur la place publique (non loin de chez Paul, au début de la rue Grouaud) votre indignation face à la production massive de martyrs et votre espoir en un pays du miel plus bio-certifié et de l'encens 100% made in Lubnan ?
C'est fini ! ... enfin, vu l'état de l'Etat depuis, et la résilience de la Résistance, va falloir que les bobos et autres jeunes créatifs fassent un peu plus que de gagner de l'argent dans la pub ou l'architecture d'intérieur et aller à la plage boire des Redbull-Vodka pour que leur paysage politique libanais change selon leurs vœux plein d'amour et d'eau fraîche.

Vous lui avez parlé sur son mobile, entre deux meetings avec des accounts, des seniors, des juniors, des creatives et des copywriters, the chief and the boss, juste après une scéance de conceptualisation de slogan pour le compte d'un vendeur d'appareils d'orthodontie, et juste avant une autre séance de storyboarding pour le compte d'un vendeur de pots de fleurs ?
Ca, c'est pas fini... mais on garde espoir !

Vous lui avez taxé une Marlboro à un petit vernissage sympathique où on rencontre des garçons et de filles joliment habillés, des artistes cotés à la bourse des Emirats, des stylistes en tenue de plongée sous-marine, des architectes entre deux charettes, des journalistes en train de renifler les derniers trends bancables de la scène beyrouthine, quelques apprentis-people-de-la-nite qui gloussent sans discontinuité après trois 961 ?
Ca non plus, c'est pas fini !
Heureusement, il fume encore.
Je le sais.
Je le taxe régulièrement quand je le croise en vrai et en nature.

OB vous manque ?
Fermez le grand livre des visages souriants. Sortez de chez vous !

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9/06/2008
On vous l'avait dit. Maintenant que l'OB a son Michel posé sur le trône de la tribu des Maronites, on est pas plus sorti de l'auberge que ça. Ca discute et ça se dispute toujours autour du gâteau ministeriel. Nan ! moi je veux la tranche avec la cerise ! Nan ! pourquoi t'as plus de pepites de chocolat que moi ?! et patati, et patata... Nos élus n'en branlent pas une (comme d'habitude, notez), Berry rigole (comme d'habitude, notez), Signora premier n'execute rien. C'est pas ça qui va faire sortir l'OB de sa cachette.

A moins que... ?! Des rumeurs non malignes circulent depuis quelques jours sur un changement d'humeur de notre vénéré Cedrus Nostrum. L'approche du solstice et le retour des beaux jours aidant, l'OB, tel la marmotte des Alpes, se tient à nouveau sur ses deux pattes arrières, juste à l'entrée de son trou favori, et hume l'ambiance locale les narines toutes ouvertes et frétillantes. L'OB scrute l'horizon et le ciel, surveille les alentours et vérifie que les prédateurs ne rodent pas trop dans le coin avant d'aller s'empifrer de quelques edelweiss fraîches en poussant des petits cris stridents de joie.

Oui, oui, chers amis, vous l'avez bien compris. L'OB commence à en avoir marre de toutes ces conneries et songe sérieusement à revenir sur le Grand Livre des Visages pour vous poker 8 fois par jour, envoyer 22 fois la même vidéo sur tous les funnwall de la planète, pénétrer profondément des groupes, devenir un fan de plein de choses, poster des posts, waller des walls, ajouter des applications qui vous obligent à inviter 60 amis pour que ça marche, mettre en ligne des photos de tout le monde et de n'importe quoi (et surtout, de nous le faire savoir en temps réel). Bref, de participer allègrement à ce joyeux bordel citoyen qui nous fait tant défaut de Nakkoura à Nahr el Bared.

Aujourd'hui ? Demain ?
Mettez le champagne au frais et
restez connecté à l'actualité de l'OB

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4/06/2008
Red Bulleur mondain invétéré, l'Obissime a été surpris par nos caméras installées avec la gracieuse aide de la Sureté Générale au bout de la piste de dance de l'hôtel Phénicia (mais sans l'accord de l'Etat de droit).

Comme vous le remarquez, la fatigue et l'angoisse ne se lisent que modestement sur le visage de l'OB, alors qu'il vient d'accomplir son premier mois dans sa cachette, loin des feux de la rampe du livre des visage dont il fut, autrefois, il y a bien longtemps, quand l'iPhone n'était qu'une petite graine dans le cerveau de Steve Jobs, un animateur de premier ordre.

Selon le livreur de cercueil de chez Flouty qui a l'occasion de croiser presque quotidiennement notre Cèdre penseur bien aimé, ce dernier, l'inénarrable chapiteau du Mont-Liban et grand chantre du général Michel, sortirait parfois prendre l'air entre deux paquets de cigarettes.

Ca nous rassure : l'OB vit...

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