Beirut Nights : MIKA, MICKEY et NIKKY

Non, on y était pas.
Oui, l’OB y était. Enfin, on est presque sûr à 100%. Mika en concert au Liban, vous pensez... ça ne se rate pas ! Mais vu le monde, on aurait eu de la peine à l’observer, stuck in the middle. Il aurait d’abord fallu le trouver, l’appeler 12 fois (ring ring), fendre la foule des midinettes et des big girls (qui sont beautiful) en émoi, marcher sur les pieds des mères de famille venue avec la troupe des pré-adolescents qu’on n’ose décemment plus lâcher seuls sur la place publique (sauf à l’ABC), de peur que leur progéniture finisse dans une cave humide à attendre l’heure du versement de la rançon. Et je m’abstiens de tout commentaire sur les éventuels sévices qu’on pourrait leur infliger, car je sais qu’il y a quelques maman que ça pourrait indisposer. N’empêche qu’un petit sévice, juste pour leur rappeler d’être poli avec les employés de maison, ça ne leur ferait pas de mal à ces petits cons.

Donc Mika...

Juste après le grand concert public sur la grande place de la liberté, de l’indépendance05, des martyrs et des canons, au pied de la grande mosquée Hariri, à quelques pas de son tombeau (ainsi que du Virgin megastore... ce qui me fait toujours rigoler. Notez, j’ai essayé de faire enterrer mon père à côté de Zouzou supermarket à Badaro pour que ce soit plus facile de le repérer pour les visites, mais la Municipalité et le mohafez n’ont jamais été d’accord), Mika était sur toutes les lèvres en ce beyrouthin lundi 28 juillet 2008.
Surtout celles des filles.
Elles ont toutes beaucoup aimé. Il es si mignon. Il chante si bien. Il est si (lolli)pop. Il est si frais. Ca nous change des interminables discussions des 30 zozos payés chacun $ 12’000 USD par mois (et par moi, vous, nous...) à ne pas être foutu de torcher une déclaration ministérielle nécessaire avant de commencer à bosser. Mais c’est connu : le Libanais mâle hétérosexuel élevé à l’arak, au jus de pomme ou à l’eau de source est paresseux. Il tire au flanc. Il ne respecte pas la loi. Il s’arrête en triple file pour aller acheter ses cigarettes et prendre le café. Il s’arrête aux feux rouges seulement s’il en a envie. Il tire aussi en l’air des vraies cartouches pour dire qu’il est content. Il tire encore des vraies cartouches, mais pas en l’air, quand celui qui lui paye l’essence de sa BMW lui dit d’aller faire chier le voisin. Mais oui, vous savez, celui paye l’essence, l’hôpital, l’école et qui finit ministre député ou ministre !

Bref, tout ça pour dire que Mika, même s’il est un peu libanais, il n’est pas Libanais, contrairement à ce que la presse locale essaye de nous faire croire. C’est pour ça que les filles l’aiment bien. En plus, il ne risque pas de vouloir leur sauter dessus après cinq minute de discussion et deux verres de Black dans le gosier. Mika, il est gentil. Il est relax, take it easy... et c’est une star. Mondiale ! Du calibre Aguillera, Ghosn et compagnie. On se demande d’ailleurs pourquoi les Libanais créatifs et exemplaires vivent si rarement au Liban (exception faite de l’OB, évidement, dont on attend toujours le second tome de sa biographie de mondain déambulatoire halluciné, mais qui préfère faire dans la fleur de mariage ces derniers temps). Bon, notez, on a quand même quelques créatifs à potentiel qui ne se sont pas encore barré du terreau natal peu fertile. Les plus connus font dans la robe de mariage (décidément ! une mine quand on est pas banquier) sur mesure (mieux vaut, surtout si papa n’a pas payé la lipo). Les autres réfléchissent ou draguent au Torino Express, se tapent l’incruste dans les vernissages de Sfeir-Semler, tournent des films d’auteurs, des documentaires sur les peuples opprimés et des vidéos-installations centrée sur le nombril de l’artiste (et accessoirement d’autres parties de son corps, du couloir de son appartement et des explosions qu’il entend de son balcon) ou sont récupérés par l’industrie publicitaire. Il faut bien nourrir sa famille. Surtout qu’ici, la life n’est pas comme dans un cartoon motion. Bordel de merde d’enculé de ta race ! Sinon, ça se saurait...

On aurait un gentil président qui s’appellerai Mickey. Minnie, entre deux petites prières vers la Quadisha, préparerait des tartes au chocolat à son docteur chéri. Donald ferait coin-coin dans son coin d’où les vilains chasseurs barbus ne le délogeront jamais pendant que Daisy organiserait des festivals de chansons de basse-cour. Oncle Picsou - suivez mon regard vers la mosquée - serait toujours vivant. Pluto ferait wouaf-wouaf comme d’habitude dans un salon de toilettage pour chien à Rabieh sans faire de crottes au centre-ville. Et Dingo ferait sa sieste dans une cave, à l’abris du regard des satellites sionistes et américains, à moins qu’il ne fasse sa sieste au Parlement, vu que c’est très calme là-bas en ce moment. Ca nous ferait un tiers de souris grignoteuses, un tiers de canards laqués première catégorie et un tiers de chiens pas méchant. Le rêve quoi ! Sauf que Disney, il a préféré atterrir à Dubai pour s’occuper du décor. Très réussi. Même Michael Jackson, l’ami des tout petits, s’est acheté une île en carton peint là-bas. Comme il a des mœurs sexuels identiques à ceux des indigènes et que, malgré ses tristes efforts, il est encore un peu basané, l’émir lui a fait un prix. A condition de chanter gratis à son anniversaire, dans la cave de son palais, avec ses très nombreux enfants et petits enfants.

Mais laissons donc Mickey et ses amis aller vivre à la-la-land, chez les émirs. De tout façon, Mickey, c’est pas sérieux. C’est pour les gamins et les attardés de la quiquette. Que Mika excite les pucelles le temps d’un concert, soit. Sukleen passera derrière. Love today, je veux bien, mais pas en BD arc-en-ciel-on-est-tous-des-frères-et-des-soeurs. Au Liban, notre truc, c’est plus bling-bling hardcore. Faut que ça brille, que ça pétille, même si c’est que dans la vitrine, genre Nicky (Hilton) ou Nikki (beach). Bon, évidement, on fait avec ce qu’on a. On est malin. On a appris à faire des miracles avec pas grand chose à force de vivre dans la merde. Ici, ni Nicky, ni Paris (et d’ailleurs on attend toujours l’ouverture du Hilton au centre-ville), mais Zeina et Randa. Faut faire avec. Y a pas de problème, elles adorent ça. Coiffeur. Epilation. Bronzage. Lecture de Voici pour s’épuiser les 4 neurones qui ne sont pas utilisés pour la mastication du chewing-gum, elles sont mieux que les originales.

Nos J-Lo du Levant sont les reines. Nos reines. On les aime. On les admire. Surtout quand elles sont lâchées le soir en bande sauvage dans les clubs ou sur les plages, le taille basse prêt à péter au niveau des coutures, la peau couleur or foncé parfaitement répartie sur tout le corps qu’on se demande dans quelles positions elles se sont mise pour réussir la caramélisation totale, les ongles des pieds mieux vernis qu’un Vermeer, exposé dans des mules ouvertes dorées à talon aiguille (si, c’est possible), rigolant et dansant sur le bar blanc qui domine la grande place où les Libanais viennent écouter les chanteurs pop et les maîtres-chanteurs pol’ (les maîtres-chanteurs polpot sont sur une autre place, pour faire chier Monsieur Solh et ses suivants). Ouh ouh ahh ahh, font-elle en roulant suavement en 8 le bassin et les hanches, dans les limites permises par la compression de la viande dans le jean à marque ostentatoire. Pour la broderie en brillants Swarovski sur les fesses « I’m a bitch », rajouter 300$. Pour les déchirures suggestives made in Milano, c’est 150$ de supplément sur le modèle de base. Pour la bande son glam de ces foires estivales tendance Nikki Beach calquées sur la vie trop cool des héritiers défoncés, des nouvelles stars de la TV réalité et des bobos blindés de la bourse en manque de reconnaissance people, rien de tel qu’un Fuck me, I am Famous à la Guetta, le roi de la Houze à gourmette qui rend les dents plus blanches et le sourire plus niais. Seul point commun de ces soirées avec le concert du Mika : le final pyrotechnique qui clôture idéalement ces feux d’artifices 100% nip-tuckien et de fesses 80% zeit zeitoun + 20% nutella.

Alors, dilemme si libanais et ministériellement d’actualité : Love today ou Fuck me ?
Ca se discute depuis l’indépendance. Je prends les deux. Lebanon forever !

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