En voiture, mesdames !




Elles s'appellent Najla al-Hariri, Azza al-Shmasani. D'autres sont restées anonymes. Ces Saoudiennes, depuis juin 2011 défient publiquement les autorités religieuses wahhabites du Royaume afin de prendre leur destin en main : elles ont commencé par prendre le volant de leur véhicule, seules, et ont parcourus les rues de Riyad et de Jeddah. Un bon début.

Défi ? Pourtant, en Arabie Saoudite, la loi n'interdit pas aux femmes de conduire seules. Les citoyens saoudiens peuvent, en théorie, rouler dans leur pays à condition d'être munis d'un permis de conduire délivré localement. Si ce n'est que, dans la pratique, ce permis n'est pas délivré aux femmes. Cette lutte toute symbolique contre l'anathème issu des milieux religieux ultra-conservateurs est une révolution en soi qui s'inscrit, avec subtilité et intelligence, dans le mouvement général d'émancipation contre le pouvoir absolu des diktats en tout genre qui saisit le monde arabe.

Point de départ à cette révolte, une campagne sur Internet via Twitter et Facebook afin de sensibiliser et mobiliser les femmes saoudiennes pour qu'elles se lèvent contre l'infâme condition dans laquelle nombre de mâles veulent les tenir pour continuer à les dominer. Car aujourd'hui, les « citoyennes » saoudiennes ne sont ni autorisées à conduire, ni à voyager sans la permission écrite ou sans être accompagnées d'un membre mâle de la famille - parfois leur propre fils -, ni à gérer leurs biens propres, ni à voter aux élections municipales. En public, obligation leur est faite d'être couvertes des pieds à la tête. Elles n'ont évidement pas le droit de travailler et d'avoir des activités qui les mettent en contact avec des mâles qui ne sont pas membres de leur famille. Ce qui ressemble à de la ségrégation sexuelle est en vérité un déni inacceptable des droits les plus élémentaires de l'individu !

- article publié dans l'ORIENT LITTERAIRE, supplément de l'Orient-le Jour du jeudi 4 août 2011 -

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