Fiat lux, et lux fugit

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Vivre au Liban est une aventure permanente. Manger s'y révèle dangereux. Boire de l'eau potable se paie cher quand on n'est pas à la montagne. Se laver nécessite parfois un passage chez des amis bienveillants à la fin de l'été. Circuler sur les routes demande patience, courage et une dose évidente de masochisme. Quant à l'électricité, la fée est partie voir ailleurs il y a belle lurette, laissant les officines de notre État indépendant depuis 1943 sans service après-vente.

Qu'à cela ne tienne, le génie libanais toujours à l'œuvre a promptement mis en place des solutions de rechange. Après les générateurs de quartier, nés dans le courant de la guerre civile et gérés aujourd'hui par une mafia qui ne dit pas son nom mais en tire profit et fait sa loi, le peuple a vaguement pu espérer que les brillants entrepreneurs qui siègent au Parlement comme à l'Exécutif nous auraient tirés de ce triste pas. Que nenni. Le navire sombre et le capitaine joue aux cartes avec les officiers.

On a bien des centrales à gaz sans gaz syrien, des vallées prêtes à être inondées par des donateurs iraniens, des bateaux-usines en rade à défaut d'entente entre les camarades du Parti de rien (et pas encore arrivé). On pourrait demander à nos amis du Golfe de nous financer encore quelques litres de fuel pour Zouk et ses copines, mais la dépendance commence à peser lourd.

Les énergies renouvelables ? Une consommation réduite par des comportements et des techniques adaptés ? Encore faudrait-il y penser. On risque bel et bien de rester dans le noir à force d'avoir des lumières qui nous gouvernent.

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