L'insoutenable légèreté de l'être

Manifestation lors du premier anniversaire de la répression sovétique du Printemps de Prague, Tchécoslovaquie, 21 août 1969 - © Fondation Gilles Caron

Surnommé le « Capa français » par Henri Cartier-Bresson, Gilles Caron s'est illustré autant par des images fortes des théâtres de guerre (Suez, Vietnam, Biafra, Tchad, Cambodge) que des tensions sociales (Mai 68 à Paris, Mexico, Londonderry, Belfast, Printemps de Prague) lors de la seconde moitié des années 60. L'exposition qui lui est consacrée en ce moment au Musée l'Elysée offre un puissant éclairage sur le temps présent, en particulier celui du Proche-Orient. Si le Printemps de Prague en 1968 a annoncé le reveil de la conscience collective d'une jeunesse à la recherche d'un nouveau destin, la sortie du totalitarisme ne s'est pourtant pas faite sans mal. L'emprise politique débordante des islamistes d'Égypte, de Tunisie, de Syrie et de Libye aujourd'hui ressemble en tout point à la « normalisation » qui a sévi après ce fameux Printemps. Or vingt années se sont écoulées avant que la jeunesse tchécoslovaque puisse en toute liberté décider de son destin...

Gilles Caron, le conflit intérieur Musée de l'Elysée à Lausanne, du 30 janvier au 12 mai 2013 (www.elysee.ch). L'exposition au est accompagnée d’une monographie éponyme sous la direction de Michel Poivert, éditions Photosynthèses, Arles, 250 reproductions en couleur et en noir et blanc, 21 x 26.5 cm, cartonné, 416 pages.

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