Liban, État-poubelle à recycler


© Bryan Denton / http://bryandenton.photoshelter.com / IG : bdentonphoto

Un immense tas d’ordures devant une station d’essence sur la rue d’Arménie, en plein quartier de Mar Mikael, vitrine d’un Liban branché qui bouge et vit à l’heure internationale. L’image du photographe Bryan Denton, qui illustre la « crise des poubelles » dans le quotidien The New York Times, en dit plus qu’une longue analyse. Certes, il y a l’incapacité chronique de l’oligarchie politico-financière (partiellement étoffée par les chefferies féodales et miliciennes) à assumer son rôle officiel, à savoir gérer un pays au bénéfice de tous, en particulier de sa population, sans ségrégation, puisque nous sommes, paraît-il, en démocratie. Cet échec-là, nous le constatons depuis longtemps, et il va en s’aggravant. Mais comme on peut le voir et le sentir, les ordures sont partout, et il serait bon de se demander quelle est la part de responsabilité de la population. Car si en démocratie le peuple est roi, il est aussi responsable. D’abord de ces braves notables à qui il permet de s’installer sur les sièges confessionnels du Parlement et des autres officines d’État. Puis, surtout, de ses propres actes, et en premier lieu de sa consommation et de ses déchets. Là sont les vrais choix au quotidien : consommer mieux, consommer moins, recycler, réutiliser, réduire, réparer (les 4 R !). Il en va de même avec nos ressources. Préserver l’eau, l’air, les forêts et les terres agricoles. Ne pas gaspiller inutilement l’électricité et les énergies fossiles. Construire moins, mieux, plus petit. Quant à l’évacuation des ordures à l’étranger, on verrait bien quelques-uns de nos « responsables » les accompagner. En aller-simple.




Autonomie et décroissance.

Article publié dans l'Orient Littéraire du jeudi 6 août 2015

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